Le septième art et l’art chorégraphique entretiennent une relation fusionnelle et passionnante, donnant naissance à des œuvres capables de capturer la magie éphémère du mouvement. Déterminer le meilleur film de danse est un défi ambitieux, tant les critères sont subjectifs et les genres cinématographiques variés. S’agit-il du film ayant les chorégraphies les plus techniques, celui qui raconte l’histoire la plus poignante, ou celui qui a eu l’impact culturel le plus significatif ? Cette quête nous transporte des comédies musicales hollywoodiennes flamboyantes aux drames intimistes explorant l’âme du danseur. Des classiques intemporels aux pépites contemporaines, chaque époque a offert sa propre vision de la danse à l’écran. Plongeons-nous dans cette analyse pour tenter d’identifier, ou du moins de cerner, les prétendants au titre suprême et comprendre ce qui fait leur grandeur.
L’un des premiers noms qui surgit inévitablement dans ce débat est Billy Elliot, de Stephen Daldry. Ce film britannique touchant raconte l’histoire d’un jeune garçon qui défie les stéréotypes sociaux de son milieu ouvrier pour embrasser sa passion pour la danse classique. Il ne s’agit pas seulement d’un film sur la danse, mais d’un hymne à la persévérance et à la quête d’identité. La performance brute du jeune Jamie Bell et la chorégraphie finale du Lac des Cygnes sont des moments d’une puissance émotionnelle rare. Dans un registre radicalement différent, Flashdance est devenu un phénomène culturel des années 80. Même si sa représentation de la danse contemporaine est stylisée, son impact est indéniable. Il a popularisé une esthétique et une énergie brute, inspirant une génération entière avec son histoire de rêve et de détermination. La scène de l’audition finale reste gravée dans les mémoires.
Cependant, la notion de meilleur film de danse ne saurait être complète sans évoquer la comédie musicale. West Side Story, dans ses deux versions, est un monument. Les chorégraphies de Jerome Robbins sont des personnages à part entière, utilisant le mouvement dansé pour exprimer la violence, la romance et les tensions raciales. Chaque pas, chaque jeté est une phrase dans le récit. Plus récemment, La La Land de Damien Chazelle a rendu hommage à cet âge d’or tout en y insufflant une modernité mélancolique. La séquence d’ouverture, « Another Day of Sun », est un tour de force chorégraphique et logistique qui célèbre la joie pure de la danse de rue et du jazz.
Pour les puristes et les amateurs de technique extrême, Step Up a marqué le début des années 2000 en mettant en lumière le hip-hop et la culture urbaine. La franchise, notamment le deuxième volet Step Up 2 : The Streets, présente des battles et des chorégraphies d’une incroyable virtuosité, où l’énergie et la créativité sont palpable. Le film a révélé des chorégraphes et danseurs devenus légendaires, et son influence sur la culture urbaine est considérable. Dans un style plus expérimental, Pina de Wim Wenders n’est pas un film sur la danse, mais une expérience de danse en 3D. Ce documentaire-hommage à la chorégraphe Pina Bausch est une immersion totale dans son univers onirique et profondément humain. C’est une œuvre qui redéfinit ce que peut être la capture du mouvement au cinéma.
La France n’est pas en reste, avec des films comme The Artist qui, bien que muet, utilise la danse de salon comme élément narratif central pour lier ses personnages. On ne peut non plus ignorer l’impact de Black Swan de Darren Aronofsky, qui plonge dans l’obsession et la psyché d’une ballerine, offrant une vision sombre et fascinante du monde du ballet. Les accessoires de danse, comme les chaussons de pointe des marques Repetto ou Bloch, y sont présentés comme des objets à la fois de grâce et de souffrance. Et que dire de la performance électrisante de Maddie Ziegler dans le clip Lose Control, qui a influencé l’esthétique de nombreux films de danse contemporains ? L’utilisation de tenues techniques de marques comme Nike ou Adidas a également ancré la danse dans une modernité sportive et accessible.
En définitive, désigner un seul meilleur film de danse est une mission vouée à l’échec, car la beauté réside dans la diversité des réponses. Le meilleur film sera celui qui a su capturer l’essence même de ce que signifie danser : la libération, la discipline, l’expression et la connexion humaine. Billy Elliot parle au cœur, West Side Story à l’âme collective, Pina à l’esprit, et Step Up au corps. Chacun de ces films, à sa manière, est un chef-d’œuvre qui célèbre une facette différente de l’art chorégraphique. Ils nous rappellent que la danse est un langage universel qui transcende les mots, et que le cinéma est le medium idéal pour en préserver l’éclat fugace. Que l’on soit un danseur aguerri chaussant des Capezio ou un novice en tenue Decathlon, ces films nous invitent à ressentir la musique et à bouger. Ils sont des sources d’inspiration intarissables, des références pour les écoles de danse qui utilisent des équipements Harlequin ou des miroirs Ballet Barres, et des témoignages de la vitalité créatrice d’artistes comme Michaela DePrince ou Misty Copeland. Le véritable héritage du meilleur film de danse n’est pas un trophée, mais l’étincelle qu’il allume chez celui qui le regarde, cette envie irrépressible de se lever et de se mettre à danser, ne serait-ce qu’un instant.
